Cette Porsche 911 "2.6L" S-T est une base de 911 T de 1970. Elle devint la propriété du préparateur français Louis Meznarie, qui l'achète à l'usine et la fait transformer avec un kit carrosserie monté directement au département compétition à Stuttgart. Elle fut peinte aux couleurs Shell "psychédélique" et exposée au Salon de la voiture de Course le 13 février 1971.
Grâce à son lien avec Jûrgen Barth, pilote d'usine Porsche, il réussit à récupérer "sous le manteau" le nouveau vilebrequin 70.4mm développé par l'usine en 1971, pour la saison 1972. Louis Meznarie l'installe dans le bloc moteur de sa 914-6 avec laquelle il n'avait pas porté beaucoup d'attachement, et alèse les cylindre à 87.5mm. Le résultat donne une cylindrée de 2539cc, qui passera alors sur le banc moteur de l'usine le 27 août 1971. Les ingénieurs Porsche furent stupéfaits d'une puissance aussi importante : 284.7 PS. C'est bien plus que les moteurs de compétition qu'ils pouvaient eux-mêmes produirent.
Louis Meznarie passe alors un accord avec Porsche, sa 911 T recevrait le nouveau pare-choc 2.4L, en échange que Jürgen Barth prenne le départ au volant de la voiture pour le Tour de France 1971, un mois plus tard. Jürgen Barth arrivera en train avec le pare-choc sous le bras, et fera équipe avec José Dohlem dans la catégorie Groupe 6 Prototype.
Cette tentative se soldera par un échec au circuit de Monjuic, au quart de la course. Louis Meznarie se rendra compte en démontant le moteur que les vis du volant moteur n'ont pas supporté les vibrations provoquées par l'angle plus important de chacune des bielles, entre le vilebrequin 66mm et le 70.4mm. Louis Meznarie corrigera le problème temporairement et baissera l'alésage de ses moteurs : la seule 911 ayant terminée les 24h du Mans 1972 était équipée d'un vilebrequin 66m monté par Louis Meznarie.
Pour la 2.6L S-T, la saison 1972 s'avère particulièrement intense, avec Sylvain Garant comme pilote principal. La voiture écume les grands circuits européens, se classant 10ème lors des 4 Heures du Mans en mars (après avoir participé aux essais préliminaires). Elle enchaîne avec une 5ème place au Grand Prix d'Albi, une 13ème place aux 300 kilomètres du Nürburgring et une 8ème place lors de l'épreuve de Paris en avril. Bien qu'inscrite, elle ne prendra finalement pas le départ aux 1000 kilomètres de Spa ni à Zandvoort cette année-là.
En 1973, le véhicule connaît un nouveau chapitre en changeant de propriétaire pour rejoindre Gérard Darton-Merlin, célèbre sous le pseudonyme de "Gédéhem". La voiture continue de s'illustrer en endurance et retourne aux 4 Heures du Mans au mois d'avril. Pilotée par le trio Jacques Guérin, Jean-Claude Boucher et Didier Jaunet, elle décroche une belle 12ème place au classement général.
Durant la seconde moitié des années 70, la voiture oriente sa carrière vers les courses de côte et les rallyes régionaux français. Entre 1975 et 1976, Jean-Pierre Buffard l'engage sur des épreuves de montagne réputées telles que Vuillafans, St Ursanne - Les Rangiers, et St Hyppolyte, ainsi qu'à la Ronde Luronne. Parallèlement, Roger Boulinguez l'emmène vers de nouvelles victoires éclatantes en rallye : il s'impose sur la première marche du podium au Rallye Delta Picardie en octobre 1976, puis au Rallye du Touquet en juin 1977. Toujours très compétitif à la fin de l'année 1977, Boulinguez termine 3ème lors de sa nouvelle participation au Delta Picardie et s'adjuge la 6ème place au Rallye Jeanne d'Arc.
Plus récemment, ce pan de l'histoire automobile a repris vie grâce à une restauration complète menée par les ateliers de Classic Garage - L'écurie Classic à Lège-Cap-Ferret (avec un passage au banc moteur en mai 2026 révélant une puissance de 270 ch à 7200 trs/min alors que le bloc était encore en rodage). En 2026, arborant le numéro 286, la voiture a renoué avec la compétition historique en prenant le départ du Tour Auto. Un événement particulièrement symbolique puisqu'il a vu Jürgen Barth retrouver son volant plus de cinquante ans après leurs premiers tours de piste communs, formant pour l'occasion un équipage avec Franc Izidi et Jean-Philippe Grand. Toujours en 2026, après avoir été exposée lors du prestigieux FuoriConcorso, la voiture a pris la piste aux Dix Mille Tours du Castellet sous le numéro 132. Partagée par Romain Joffroy et Gérard Larrousse, cette participation vient clore un chapitre exceptionnel, puisqu'il s'agit de la toute dernière voiture pilotée par Gérard Larrousse en compétition historique.
| Date | ÉVÈNEMENT | Pilote(s) | Numéro | Résultat |
|---|---|---|---|---|
| 17.09.1971 | Tour de France Automobile | Jürgen Barth/José Dohlem | 132 | DNF |
| 10.10.1971 | Coupes du Salon | Sylvain Garant | 46 | 1st |
| 27.11.1971 | Critérium des Cévennes | Gérard Larrousse | 77 | ? |
| 19.03.1972 | Le Mans Test | Sylvain Garant | 93 | 23rd |
| 19.03.1972 | 4H du Mans | Sylvain Garant | 93 | 10th |
| 26.03.1972 | GP Albi | Sylvain Garant | ? | 5th |
| 03.04.1972 | ECGT Nürburgring 300kms | Sylvain Garant | 120 | 13th |
| 16.04.1972 | ECGT Paris | Sylvain Garant | 9 | 8th |
| 07.05.1972 | Spa 1000kms | Sylvain Garant/Jürgen Barth | 41 | DNA |
| 18.06.1972 | EGTC Zandvoort | Sylvain Garant | 34 | DNA |
| 01.04.1973 | Le Mans Test | Jacques Guérin/Jean-Claude Boucher/Didier Jaunet | 38 | 22nd |
| 01.04.1973 | 4H du Mans | Jacques Guérin/Jean-Claude Boucher/Didier Jaunet | 38 | 12th oa |
| 27.07.1975 | HCR Vuillafans | Jean-Pierre Buffard | 190 | ? |
| 17.08.1975 | HCR St Ursanne Les Rangiers | Jean-Pierre Buffard | ? | 58th |
| 01.04.1976 | Ronde Luronne | Jean-Pierre Buffard | 63 | ? |
| 02.10.1976 | Rallye Delta Picardie | Roger Boulinguez | 4 | 1st |
| 1976 | HCR St Hyppolyte | Jean-Pierre Buffard | 44 | ? |
| 04.06.1977 | Rallye du Touquet | Roger Boulinguez | 2 | 1st |
| 01.10.1977 | Rallye Delta Picardie | Roger Boulinguez | 3 | 3rd |
| 22.10.1977 | Rallye Jeanne d'Arc | Roger Boulinguez | 115 | 6th |
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